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Les
cimaises de "L'autre Courtois" avaient
déjà accueilli Charles Hiéronimus
lors d'expositions de groupe, mais actuellement,
c'est à travers un accrochage individuel
que l'artiste nous révèle une palette
plus large et plus représentative de son
talent.
Au
premier regard on perçoit déjà
le créateur authentique. Il n'y a pas ici
de place pour la répétition de procédés
tape-à-l'oeil et confortables sur lesquels
il suffirait de greffer quelques variations de
détail imposées par le sujet. Et
encore moins de productions visant l'originalité
à tout prix mais sans fil conducteur de
l'une à l'autre, un écueil bien
connu qui conduit davantage au farfelu qu'à
la création authentique.
Charles
Hiéronimus, depuis quelques années,
reste fidèle à certains thèmes
qui lui sont chers. Ils les exploite en multiples
déclinaisons puis les range quelque temps
pour les laisser mûrir, enfin il y revient
avec un élan dynamisé par cette
phase de maturation.
C'est
ainsi qu'on pourra s'arrêter devant la série
des "matières", solides ou fluides,
mais toujours en mouvement. La matière
la plus ordinaire, de l'eau, de la terre... se
trouve transfigurée par la lumière
et par l'intervention d'un "accident"
provoqué. La matière la plus concrète
vire paradoxalement à l'abstraction, puis,
de l'abstraction, se pare d'une charge évocatrice
d'un univers qui nous semble familier mais dont
l'objet reste indéfinissable. La poignée
de terre devient peut-être galaxie, la projection
de liquide, végétal gigantesque
en développement ou inquiétante
coulée de lave.
Parallèlement,
une autre série présente des variations
sur le thème du monde animal. Un engagement
empathique pour celui-ci et subtilement critique
pour le sort que l'homme impose à ce règne
par quelques aspects inférieur au sien,
mais supérieur par quelques autres. Ici,
l'animal est reconnu et magnifié dans son
identité, dans le lien qui l'unit au végétal
et au minéral, plus rarement à l'humain.
Car l'homme contemporain a développé
à l'excès ce travers qui le pousse
à chosifier la création sur laquelle
il croit avoir le droit de régner en despote
inconscient. L'animal, objet de consommation ou
de plaisir futile quand ce n'est de sadisme, réintègre
dans l'univers rêvé par Charles Hiéronimus
la place qui serait la sienne si l'homme n'avait
pas coupé prématurément le
cordon qui le relie à sa mère la
Terre.
M.B
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