BIOGRAPHIE.

 

 

Je suis né en 1943 en Lorraine belge, dans une sorte de village de "hobbits" où chacun connaît chacun, ce qui crée un équilibre précaire entre avantages et inconvénients. J'habite maintenant à Arlon, le chef-lieu de la province de Luxembourg, cité romaine et la plus ancienne ville de Belgique. Comme tous les enfants, j'ai commencé à dessiner dès que j'ai pu tenir un crayon, contrairement à la plupart, je ne l'ai jamais abandonné comme un jouet devenu dérisoire pour le remplacer par des jouets considérés comme sérieux et adaptés à l'âge qu'on appelle adulte. Après de ternes études en gréco-latine chez les pères, j'ai suivi la voie marginale des arts plastiques, passion que j'ai essayé de transmettre par la suite en accompagnant des jeunes qui se sentaient appelés vers le même chemin de vie.

Ma carrière de professeur s'est terminée en 2004. Depuis, je prends le temps de me consacrer presque exclusivement à la peinture, ce qui me permet d'honorer mon imaginaire avec plus de fidélité et de liberté que pendant ma carrière d'enseignant. J'expose régulièrement, particulièrement dans différentes régions de France : Mont-Dore dans le Puy-de-Dôme, Masseret en Corrèze, Pau, Saint-Léonard-de-Noblat près de Limoges, Lamballe en Bretagne...
J'organise également une biennale des arts de l'imaginaire, Faerie, à la Maison de la Culture d'Arlon, l'occasion pour vingt-cinq artistes internationaux de se faire connaître, de se rencontrer et de nouer des amitiés .

Mes premières peintures se situaient déjà dans cette mouvance qu'on peut qualifier de réalisme fantastique, une nécessité intérieure dont quelques expériences abstraites et expressionnistes ne sont pas parvenues à me détourner.

Cette tendance revêt dans mon travail deux aspects complémentaires qui se manifestent l'un par le paysage, l'autre par le portrait. Par le paysage je traduis mon émerveillement devant le pouvoir de création incessante que détient la nature. Les lieux ne sont pas décrits de manière extérieure ainsi que le ferait mieux que moi l'objectif d'un appareil photographique, mais avec le regard intérieur, celui qui grâce à la distance du souvenir et s'insinuant à travers le filtre de la sensibilité ne retient que l'essentiel.


Je me sens surtout attiré vers des lieux qui ouvrent à l'immensité comme autant de tremplins vers le cosmos, vastes étendues, océans, montagnes... ceux qui "rappellent à l'homme sa verticalité". On pourra évoquer Peyrepertuse, Quéribus, Puy-en-Velay, Sarreburg. Les portraits sont sarcastiques quand ils mettent en scène des personnages gonflés d'orgueil et de vanité, il se font tendres devant des êtres habités par la passion de leur œuvre, la plupart du temps amoureux du travail bien fait. C'était il y a bien longtemps avant le temps du travail vite fait.

Le reste de ma vie ne concerne que moi et quelques personnes impliquées. Et comme mon "Canard" n'est ni "France Paris" ni "Ici Dimanche", je ne vous dirai rien de plus sur ma vie intime, sauf si vous insistez et que vous m'invitez à quelque ripaille chez un grand "toqué" de la région.

Que votre vie ne soit qu'une longue escalade vers votre propre sommet. Le chemin est long et parsemé d'embûches, mais elles sont là pour nous tenir éveillés. Le sentier ascendant est gage de direction juste. Méfions-nous des panneaux trompeurs plantés çà et là à foison par l'ennemi qui croupit au fond de la vallée, avide seulement de nos deniers pour dorer les murs de ses palais carcéraux bâtis sur du sable!

Michel Barthélemy