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4 -
Un sujet évidemment déterminant puisqu'il est au centre du travail de la couleur. Ici pas plus qu'ailleurs en peinture il n'y a de règle absolue mais seulement des pistes sérieuses qui peuvent conduire à une harmonie réussie et éviter de travailler dans une totale inconscience de ce que l'on fait. Pour bien comprendre et appliquer tout ceci, il est indispensable de jongler avec les notions expliquées en page 2 et 3 et qui concernent les couleurs et les mélanges.
Harmonie ou cacophonie ? On
pourrait considérer que la notion d'harmonie est purement subjective.
Surtout les dames savent quand les associations de certains coloris
de vêtements sont réussies, inesthétiques ou choquantes,
elles savent apprécier un bouquet de fleurs quand les divers
éléments qui le composent sont en cohérence avec
les autres. Que dire alors de la peinture, un domaine autrement riche
en expression et en ressources qu'un chemisier ou un chrysanthème?
Itten qui a enseigné au Bauhaus dans l'entre-deux guerres fait remarquer qu'il existe des harmonies subjectives et d'autres objectives. Les subjectives sont celles vers lesquelles nous allons spontanément: moi j'aime le bleu, moi c'est le rouge, moi c'est le vert, etc. Nous pouvons nous en satisfaire, mais c'est au risque de nous interdire des découvertes enrichissantes qui affineront notre sensibilité. Le choix d'une harmonie dépendra de ce que nous avons à exprimer, c'est la prise de conscience et le respect de notre intention qui donnera sa cohésion à notre création. Nous devrons jouer pour cela sur les éléments physiques de la couleur, à savoir les tons, les températures, les valeurs, les saturations. C'est en jonglant habilement avec ces différents éléments que nous créerons des climats colorés cohérents, subtils et originaux. Le chaos et le "n'importe quoi" sont les ennemis de l'harmonie. Pour éviter le chaos, nous choisirons un ton ou une famille de tons qui dominera dans la composition et lui conférera l' unité de son climat coloré. Des caractéristiques qui domineraient de manière excessive entraîneraient la monotonie, c'est pourquoi il faut aussi des différences, de la variété qui donnera de la vie à l'ensemble, grâce à des contrastes intégrés.
Comme écrit ci-dessus, l'unité s'obtient pas des éléments dominants, la variété par des contrastes et ceci concerne les tons, les températures, les valeurs et les saturations. Le tableau ci-dessous peut être considéré comme la synthèse des principes d'harmonie; il peut sembler fort méthodique, mais il a le grand mérite de clarifier ce qui se passe dans l'esprit du peintre, consciemment ou inconsciemment, lorsqu'il est préoccupé par ses harmonies de couleurs.
Les
cases en gris seront à penser et à remplir selon les décisions
de chacun et différemment pour chaque tableau. |
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Reprenons le tableau ci-dessus et remplissons-le en fonction des choix décidés ci-dessus par Klee.
De tout ceci, tirons quelques conclusions de première importance pour le peintre. - Une des premières questions à se poser est: quel climat coloré conviendra à mon sujet? Le choix des quatre éléments physiques associés à la notion de couleur en dépendra. - Une
autre question déterminante: quelle zone de mon tableau doit
de préférence attirer le regard? Sur quels contrastes
vais-je jouer pour atteindre ce but? -
Notons qu'il existe deux types d'harmonies, les harmonies par variations
et les harmonies par oppositions. Les
couleurs joyaux
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