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- Les matières picturales pâteuses.
Ces matières sont réalisées en travaillant
la pâte colorée en couches épaisses. Leur
texture dépendra du travail de la pâte elle-même,
de l'accessoire utilisé pour peindre, de l'addition éventuelle
de différents matériaux à la couleur ou de
l'étalement préalable de textures sur le support.
La
pâte huileuse a en soi une consistance assez épaisse
si on ne la dilue pas dans un médium, il est donc possible
de la travailler en couches généreuses ce qui permet
d'obtenir des surfaces peintes présentant des reliefs.
Si on souhaite donner plus de solidité encore à
cette pâte, on peut éliminer une partie du liant
liquide qui la constitue en la laissant reposer sur un support
poreux. L'huile sera absorbée au profit de la matière
pigmentée qui en deviendra plus solide.
Il est possible également d'ajouter du pigment poudreux
à la pâte. Celle-ci s'en trouvera non seulement plus
colorée, mais aussi plus épaisse et plus couvrante.
L'accessoire
pour étaler la pâte déterminera l'apparence
de la texture. Cet accessoire peut être un pinceau ou une
brosse, mais aussi un couteau à peindre ou tout autre outil
prévu ou non pour peindre à l'huile. L'illustration
ci-dessous montre bien la différence entre une surface
épaisse peinte au couteau et une autre peinte à
la brosse en soie de porc. Le sens du geste et son amplitude détermineront
également le résultat final.
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À
gauche, la matière a été réalisée
avec une peinture non diluée appliquée
à la brosse, à droite, l'accessoire
était un couteau à peindre.
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Pour
texturer une surface, il est également possible d'ajouter
une charge de matière à la pâte colorée.
Cette matière peut être fine ou épaisse, régulière
ou irrégulière, ajoutée en petite ou en grande
quantité. Exemples:
-
le sable, de carrière ou de rivière, brut, avec
des grenailles irrégulières ou tamisé au
chinois. Le sable blanc colore évidemment moins que le
sable jaune. La proportion est à évaluer selon le
résultat désiré. Il est arrivé à
Rembrandt de charger ses couleurs avec du sable jaune.
-
la poudre de marbre, de granit... achetée chez un fournisseur
spécialisé ou mille fois moins cher chez un marbrier.
-
la sciure. Eviter de préférence celle des résineux
qui contient de la résine et celle du chêne qui contient
du tanin, produits qui risquent de provoquer des réactions
chimiques avec les liants et les médiums.
Il
est possible également de texturer la surface du support,
de lui conférer différentes matières et de
peindre sans rien ajouter à la couleur. Les trois exemples
ci-dessous nous montrent des fonds préparés avec
du stuc (modeling paste) et du gesso. (Voir ces termes dans la
partie "techniques, manipulations". A venir).
| Ci-dessus,
le fond a été recouvert de modeling paste étalé
à la brosse en soie de porc. |
Le
fond ci-dessus a été réalisé
au couteau à peindre.
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Ce
troisième fond a été peint avec du gesso
mélangé à du sable de rivière
tamisé. |
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Il est possible de peindre sur de telles surfaces avec une
couleur fluide ou épaisse. Je préfère
personnellement travailler avec des couleurs non diluées
et sombres. Je les étale généreusement
sur la surface à peindre et ensuite j'essuie délicatement
avec un chiffon doux, parfois même avec le bout du
doigt, ce qui a pour effet d'éclaircir les "crêtes"
des reliefs et donc d'accentuer le contraste avec la couleur
des "vallées" qui reste intacte. Les trois
exemples ci-dessus montrent différents procédés
pour texturer une surface avant d'y ajouter de la couleur.
A gauche, des feuilles séchées ont été
collées sur le support avec de la colle blanche (compactuna),
ensuite les feuilles ont été enduites de deux
couches de gesso. Enfin, de la terre verte a été
étalée sur toute la surface et plus ou moins
essuyée avec un chiffon.
Au
centre, la surface du support a été texturée
avec du gesso mélangé à du sable de
rivière et étalé à la brosse.
Du brun Van Dyck non dilué a été ajouté
puis "caressé" selon la méthode
indiquée plus haut.
A
droite, des feuilles de papier pelure ont été
chiffonnées puis étalées avant d'être
collées sur un support.La surface a été
enduite de deux couches de gesso. De la terre d'ombre a
été peinte sur toute la surface et ensuite
essuyée doucement avec un chiffon.
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NOTES:
- Il est évident que ces fonds doivent être secs
avant de recevoir la couche de peinture proprement dite.
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L'utilisation de telles matières risque parfois d'entraîner
le peintre amateur dans des effets du "kitsch" le plus
pur... La butte de Montmartre et la plupart des cités balnéaires
et villes touristiques regorgent de tableaux où le pittoresque
et l'effet facile sont pris parfois pour de l'art par le touriste
candide (excusez le pléonasme). Ces effets de matières
seront donc à utiliser non pas "pour faire joli",
mais pour servir la volonté d'expression du peintre, avec
mesure et intelligence...
Le défaut le plus médiocre consiste à multiplier
les matières dans le même tableau pour "imiter"
(?) les diverses matières du sujet. Comme à l'école
maternelle...
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