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Énigmatique
univers celui de Kaikaoss Kamal, peuplé de masques et de
fruits. Mensonges des visages affectés que l'homme revêt
pour avoir droit à occuper une place dans le troupeau et
vérité sans artifices qu'offre une nature non encore
frelatée?
On
peut évidemment évoquer ici l'univers de James Ensor,
en plus baroque alors même que le masque de celui-ci est grimaçant
et celui de Kaikaoss retranché derrière l'expression
d'une froide neutralité, peut-être parce qu'il est
déjà mort.
Image des entassements humains et urbanistiques où l'individu
se noie dans la masse indifférenciée, où l'authentique
se marginalise, où le poète se lasse du combat incessant
qu'il doit mener pour accéder au droit de faire entendre
la voix de sa lucidité.
Apparemment
joyeuse par la couleur et l'omniprésence de la musique, la
peinture de Kamal Kaikaoss est empreinte de paradoxe et cache mal
l'inquiétude sous-jacente bien légitime chez cet artiste
encore imprégné de l'Afghanistan qui l'a vu naître.
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